La spiritualité de
 Saint François de Sales

dans le diocèse de Luçon  - Vendée
 

Bouquet spirituel 

« Les sentiments et douceurs peuvent être de l'ami ou de l'ennemi, c'est-à-dire du malin ou du très bon. […] Quand nous ne nous arrêtons pas en ceux-ci, mais que nous nous en servons comme de récréation, pour après faire plus constamment notre besogne et l'oeuvre que Dieu nous a donné en charge, c'est bon signe. »

« Dieu condescend à notre infirmité : il voit notre goût spirituel affadi, il nous donne un petit [peu] de sauce, non afin que nous ne mangions que la sauce, mais afin qu'elle nous provoque à manger la viande solide. C'est donc une bonne marque quand on ne s'arrête pas aux sentiments ; car le malin veut qu'on sy arrête, et, qu'en ne mangeant que la sauce, notre estomac en soit affaibli et gâté petit à petit. »

« Les bons sentiments ne nous suggèrent point de pensée d'orgueil, mais au contraire, si le malin prend occasion de nous en donner, ils nous fortifie à les rejeter. »

« Le bon sentiment passé ne nous laisse pas affaiblis, mais fortifiés, ni affligés, mais consolés ; le mauvais, au contraire, arrivant nous donne quelque allégresse, et partant, nous laisse pleins d'angoisse. »

« Le bon sentiment ne désire point d'être aimé, mais seulement que l'on aime celui qui le donne... Le bon ne nous empresse pas à le chercher ni a le caresser, mais la vertu qu'il procure... »

« Laissez-vous gouverner à Dieu, ne pensez pas tant à vous-même... Ayant une générale et universelle résolution de servir Dieu en la meilleure façon que vous pourrez, vous ne vous amusiez pas à examiner et éplucher subtilement quelle est la meilleure façon. »

« Vous savez que Dieu veut en général qu'on le serve, en l'aimant sur tout, et notre prochain comme nous-même ; en particulier, il veut que vous gardiez une Règle : cela suffit, il le faut faire à la bonne foi, sans finesse et subtilité, le tout à la façon de ce monde, où la perfection ne réside pas ; à l'humaine et selon le temps, en attendant un jour de le faire à la divine et angélique et selon l'éternité. »

« L'empressement, l'agitation du dessein n'y sert de rien ; le désir y est bon, mais qu'il soit sans agitation. C'est cet empressement que je vous que je vous défend expressément, comme la mère de toutes les imperfections. »

« N'examinez donc pas si soigneusement si vous êtes en la perfection ou non... Quand nous serions les plus parfaits du monde, nous ne le devons jamais savoir ni connaître, mais nous estimer toujours imparfaits. »

« Notre examen ne doit jamais tendre à connaître si nous sommes imparfaits, car nous n'en devons jamais douter. De la s'en suit que nous ne devons pas nous étonner de nous voir imparfaits, puisque nous ne nous devons jamais voir autrement en cette vie. »

« Cet examen [à connaître si nous sommes parfaits], quand il est fait avec anxiété et perplexité, n'est qu'une perte de temps ; … car l'esprit se lasse à cet examen si grand et continuel, et quand le point l'exécution arrive, il n'en peut plus. »

« Si votre œil est simple, tout votre corps le sera, dit le Sauveur. Simplifiez votre jugement, ne faites point tant de réflexions ni de répliques, mais allez simplement et avec confiance. »

« Il n'y a pour vous que Dieu et vous en ce monde ; tout le reste ne vous doit point toucher, sinon à mesure que Dieu le vous commande et comme il vous le commande. »

« Je vous prie, ne regardez pas tant ça et là, tenez votre vue ramassée en Dieu et en vous. Vous ne verrez jamais Dieu sans bonté, ni vous sans misère, et verrez sa bonté propice à votre misère et votre misère objet de sa bonté et miséricorde. »

« N'épluchez guère ce que font les autres ni ce qu'ils deviendront, mais regardez-les d'un œil simple, bon, doux, affectionné. Ne requérez pas en eux plus de perfection qu'en vous et ne vous étonnez point de la diversité des imperfections... »

« Pendant qu'ils [les petits enfants] sentent leur mère qui les tient par la manchettes, ils vont hardiment et courent tout autour, et ne s'étonnent point des petites bricoles que la faiblesse de leurs jambes leur fait faire : ainsi, tandis que vous apercevrez que Dieu vous tient par la bonne volonté et résolution qu'il vous adonné de le servir, allez hardiment, et ne vous étonnez point de ces petites secousses et choppements que vous ferez ; et ne s'en faut fâcher, pourvu qu'à certaines intervalles vous vous jetiez entre ses bras et le baisiez du baiser de charité. »

« Allez joyeusement et à cœur ouvert le plus que vous pourrez ; et si vous n'allez pas toujours joyeusement, et toujours courageusement et confidemment. »

« Ayez la sainte vertu de support et de souplesse, car ainsi, dit saint Paul, vous accomplirez la loi de Jésus-Christ (Gal 6,5). »

Lettre à la Soeur de Soulfour, E.A. p.163.




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